La participation des citoyens se trouve sollicitée par différents processus. On pense aux historiques commissions de concertation toujours bien vivaces face aux enjeux urbanistiques. Depuis une trentaine d’années aux multiples commissions consultatives axées sur des thèmes précis : la mobilité, la famille, la personne handicapée, le développement durable, la personne âgée, la santé… Etterbeek a organisé de telles commissions consultatives, avec plus ou moins de succès. La frustration de ses membres se trouvant très souvent au rendez-vous. Les difficultés rencontrées dans ces commissions tenant à la fois à la composition des membres, la définition des priorités, le suivi et le fonctionnement des réunions (fréquence, convocation, pv). Avec, en toile de fond, le sentiment d’une instrumentalisation réelle par le politique (récupération, agenda dicté par le politique en fonction des priorités du Collège, ou absence de suivi). Certaines commissions ne se réunissant plus depuis longtemps.
Une autre forme de participation citoyenne, plus spontanée, réside dans l’organisation des comités de quartier, souvent portés par quelques personnes particulièrement motivées, mais qui, aux yeux de l’autorité locale, posent parfois des problèmes de représentativité.

La majorité etterbeekoise semble avoir pris conscience de ces difficultés en annonçant, à l’occasion de la présentation du budget 2020, d’une part, qu’une réflexion sur les commissions consultatives était en cours, d’autre part en faisant voter un règlement organisant les nouveaux Conseils consultatifs de quartier. Particularité : les membres de ces Conseils seront tirés au sort, mais en seront exclues plusieurs catégories de citoyens.

Face à cette situation le cdH pris trois initiatives. A propos des commissions de concertation, des commissions consultatives, et du règlement sur les nouveaux Conseils consultatifs de quartier.

A propos des commissions de concertation, le cdH a déposé une motion visant à instaurer le recours à un facilitateur externe dont la présence et l’action permettront le respect de l’expression de chacune des parties, et à l’autorité politique de défendre l’intérêt public tout en ne devant pas assurer la direction des débats.
A propos des commissions consultatives. Faisant référence à l’ordonnance régionale (portée par le cdH) organisant les commissions consultatives des aînés au niveau communal qui prévoit que le Collège motive le non suivi qu’il donnera aux avis de la commission consultative, le cdH a obtenu que le règlement organisant les Conseils consultatifs de quartier prévoie que le Collège veille à répondre de manière motivée à l’avis proposé par le conseil de quartier. Une façon d’assurer un vrai suivi qu’il conviendra d’appliquer à toutes les commissions consultatives.
A propos du règlement des conseils consultatifs de quartier, le cdH a dénoncé la clause visant à exclure de la qualité potentielle de membre les citoyens ayant figuré sur une liste électorale tout en étant pas élu. Pour le cdH, c’est une façon de creuser encore davantage le fossé entre les politiques et les citoyens. Basé sur le constat d’une discrimination disproportionnée face aux droits fondamentaux des individus de s’exprimer librement et de participer à la gestion de la chose publique, le cdH a déposé un recours auprès du ministre de tutelle qui a suspendu le règlement.

Par ces trois initiatives, le cdH plaide :

  • pour une meilleure prise en compte de l’engagement des citoyens lors des commissions de concertation,
  • pour garantir un meilleur suivi aux avis formulés par les commissions consultatives,
  • pour permettre aux citoyens de ne pas devoir choisir entre l’expression d’un engagement politique local (figurer sur une liste) et un engagement pour l’intérêt de son quartier.

C’est aussi en valorisant le travail des conseillers communaux, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, qu’on parviendra à réduire le fossé entre le politique et le citoyen.

Un principe fondamental reste à la base de la réflexion et de l’action du cdH depuis longtemps, il s’agit du premier critère de bien-être de la population édicté par la Charte d’Ottawa en 1986 qui définit précisément que le bien-être des individus dépend de leur implication dans les processus de décision qui les concernent.

 

André du Bus                                    Louise-Marie Bataille
Conseiller communal, chef de groupe cdH                    Conseillère communale
0476 48 39 87                                    0477 20 91 64